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Résumé :
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On a souvent dit, et célébré, l'audace brillante et dérangeante du livre de Jonathan Littell, qui, dans Les bienveillantes, racontait l'Holocauste du point de vue d'un bourreau. Pourtant, trente ans avant, un autre auteur iconoclaste et sombre (le burlesque en plus), Edgar Hilsenrath, s'était attelé à raconter l'histoire de Max Shulz, fils de bâtard mais aryen pure souche, génocidaire nazi (qui massacra des Juifs en masse, y compris son ami d'enfance) reconverti en juif pour sauver sa peau. "Un SS devenu barbier en Palestine, et sioniste fanatique par-dessus le marché", écrit Hilsenrath, qui, lui-même, a connu les ghettos durant la guerre avant de partir pour Israël et New York. Donc, ce roman, écrit à la première personne du singulier, dans la peau sale de ce Max Shulz, est sombre, dur, choquant. Mais il est aussi, et surtout, par la puissance romanesque de son auteur, une farce osée et courageuse, une pure provocation. Et, c'est un coup de force et de maître, d'avoir su tourner avec tant de brio une si terrible tragédie en dérision. De quoi donner une sacrée crédibilité au propos, radical et libre, et une force inouïe au message. Un livre simplement indispensable, par un auteur simplement immense.
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